Nos bons curés déménagent
- crosjacques2
- 8 janv. 2023
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Il s’agit d’une carte postale satirique qui a été publiée dans l’édition de janvier 1994 de L’Escopinha une revue du Foyer rural de Capestang. Elle évoque les incidents qui ont eu lieu dans cette commune en 1906 lors des opérations d’inventaire.
Rappelons le contexte. La loi de séparation des Eglises et de l’Etat adoptée par le Parlement le 29 décembre 1905 rend les communes propriétaires des bâtiments où se font les cultes. Ils seront prêtés aux associations cultuelles ainsi que les divers éléments qui sont nécessaires à l’exercice de la religion.
A cette fin il est décidé d’effectuer des inventaires permettant de recenser les objets concernés par un tel contrat. Dans les régions où la pratique religieuse est importante de telles opérations créeront des incidents. Ce sera le cas en Bretagne, en Vendée, en Normandie, au Pays basque, dans le sud du Massif Central, à Paris, en Savoie, dans le Nord…
Il n’y a pas d’événements trop marquants dans l’Hérault à l’occasion de ces inventaires. Sauf justement à Capestang où le commissaire chargé du recensement en est empêché par une foule de fidèles qui lui barrent la route et le couvrent de huées.
Il revient le lendemain mais les manifestants ont dressé une barricade faite de bancs et de chaises. Il est accompagné de gardes qui enlèvent l’obstacle et l’inventaire peut être dressé.
La carte postale qui illustre notre billet donne une information de celui qui l’a expédiée. En participant à la construction de la barricade un banc rempli de pierres, faisant 150 kg est tombé sur son pied et il ne peut plus marcher !
Force restera à la loi, et on verra apparaître sur le fronton de plusieurs églises l’inscription LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE accompagnée quelquefois de Propriété communale. L’ensemble écrit à la peinture qui dénaturait l’architecture de l’édifice. Mais on le sait, c’était alors la guerre entre l’Eglise et l’Etat aux mains des Radicaux !




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