Le point de vue d’Hélène Carrère d’Encausse
- crosjacques2
- 31 déc. 2022
- 2 min de lecture
Je ne suis pas un aficionado des informations télévisées et pour tout avouer, elles ne m’intéressent guère. Ceci étant, comme je ne suis pas seul chez moi, j’ai eu l’occasion de suivre ce vendredi 30 décembre une interview d’Hélène Carrère d’Encausse qui était diffusée sur France Info. C’était en attente de regarder l’émission sur le cirque de Monte Carlo qui allait passer sur France 3.
Naturellement je m’incline devant les diplômes, la compétence, la personnalité de l’interviewée. Diantre je ne suis pas (enfin pas encore !) à l’Académie française et qui plus est secrétaire perpétuelle.
Je suis quand même d’accord pour dénoncer les crimes de Staline. La chose ayant été dite, je ne jette pas l’enfant avec l’eau du bain et je considère que l’expérience socialiste qui s’est déroulée au 20ème siècle en Union soviétique a eu des aspects positifs. Les Bolchéviques avaient réussi à extraire le peuple russe de l’effroyable boucherie de la guerre de 14 – 18. Ce n’est pas rien !
Des progrès sociaux avaient été réalisés par rapport à l’époque du tsar, même si la démocratie a été insuffisante, le peuple n’étant pas suffisamment associé au projet politique que l’on souhaitait voir se réaliser. La question des dépenses militaires a de plus limité celles qui auraient été nécessaires pour le bienêtre du peuple. Gorbatchev avait eu le mérite de prendre acte de ces défauts. Il n’a malheureusement pas eu le temps de les corriger.
Mme Carrère d’Encausse amalgame les critiques que l’on peut faire à l’expérience soviétique et le socialisme. Eh oui, elle met dans le même sac Staline, Lénine et divers responsables communistes. Elle les condamne sans réserve, au nom de ce qu’elle appelle la liberté.
Je me suis interrogé : de quelles libertés s’agit-il ? De celle d’exploiter les travailleurs ? De les priver d’emploi ? De ne pas leur assurer le minimum vital qui leur est nécessaire ? Elle rêve nous a-t-il semblé d’un système social libéral, tel que nous l’avons connu au temps du colonialisme avec les guerres que nous avons menées pour tenter de le perpétuer, que ce soit en Indochine ou en Algérie !
Présentement elle s’accommode nous a-t-il semblé de la crise socio-économique que nous subissons avec ses conséquences sur nos conditions de vie. Qu’il s’agisse de notre pouvoir d’achat, de la protection sociale, des services publics, de l’environnement ou de la paix.
On peut et on doit critiquer ce qui ne va pas ailleurs mais on devrait commencer par ce qui ne va pas chez nous. Et peut-être qu’un examen lucide de ce que nous connaissons nous inciterait à une rupture claire et décisive avec la logique du profit qui hypothèque la satisfaction des besoins actuels de l’humanité.
Mme Carrère d’Encausse met en cause l’autoritarisme de Poutine. Moi aussi mais il faut prendre conscience qu’il est en conformité avec les vœux de notre académicienne pour la « Liberté ». Il est au service des oligarques, version russe des hommes d’affaires du monde occidental. De quoi se plaint-elle ? Il a choisi le capitalisme qu’elle désigne avec pudeur par le terme de libéralisme.
Et on le sait le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée dormante porte l’orage. Obtenir un cessez-le-feu en Ukraine pose problème à ce niveau et pas seulement du côté de la Russie et de Poutine.




Commentaires