Le Pic Cassini et la première carte de la France
- crosjacques2
- 11 avr. 2022
- 2 min de lecture
Le sommet qui porte le nom de Pic de Cassini se trouve sur la commune du Pont-de-Montvert. Enfin c’est son ancien nom, suite à une fusion de communes, elle s’appelle à présent Pont-de-Montvert Sud Mont Lozère.
Ce sommet culmine à 1681 m et est à peine moins élevé que le Pic Finiels, distant de quelques kilomètres, qui lui atteint 1699 m. J’ai eu l’occasion d’y accéder à partir du Mas de La Barque où des infrastructures permettent de faire du ski quand il y a de la neige.
J’ai trouvé des informations sur ce nom insolite de Cassini donné à cette hauteur sur la Toile. Une vidéo présente une manière d’historique de la réalisation de la première carte du royaume.
L’affaire a débuté sous Louis XIV, Colbert étant alors ministre des finances. On fait appel à l’abbé Jean Picard qui est un cartographe compétent qui utilise des instruments perfectionnés et va collaborer à l’élaboration de la carte de France l’Italien Cassini.
Picard a conçu une méthode dite de triangulation faisant appel à des calculs de trigonométrie pour connaître la distance entre deux points. Ce qui deviendra le Pic Cassini est choisi comme point géodésique servant de repère.
La guerre de Sept Ans suspendra les travaux, ils seront repris sous Louis XV avec le fils, puis le petit-fils de Cassini et enfin son arrière-petit-fils. Comme les caisses du royaume sont vides est créée une société privée à laquelle participe la marquise de Pompadour qui financera le projet et retirera le bénéfice de la vente des 180 cartes de secteur qui ont ainsi été dressées.
La première publication a lieu en 1744. Bien que le relief ne soit pas mentionné, pas plus que les routes d’ailleurs, elle est considérée comme particulièrement utile. Les localités y sont mentionnées. Ah, l’aire du royaume se trouve réduite de 5 % ce qui fera dire au roi de France que les géographes lui ont fait perdre plus de terres que ses ennemis !
Le point géodésique qui a servi de point de repère portera divers noms : Signal puis Cime de Bellecoste, un hameau situé en contrebas, il sera par la suite dédié au spéléologue Martel, se verra appelé Truc de Cassini, Signal de Malpertuis, avant de figurer en tant que Pic de Cassini sur la carte IGN éditée en 1950.
La construction au point le plus haut est aujourd’hui métallique. Elle a été une pyramide de bois et un cairn qui ne tenait que le temps d’effectuer des mesures. La suite de la carte de Cassini est celle de l’état-major dressée par les militaires.
Le travail des cartographes fut compliqué en raison de la langue locale, une variante de l’occitan, qui ne facilita pas la collecte des renseignements. Elle fut aussi l’objet de l’opposition de l’autorité locale. Est ainsi cité le curé de Fraissinet-de-Lozère qui, fusil en main, et accompagné de son vicaire, refusa que le cartographe, pourtant muni d’une autorisation de l’évêque de Mende, fasse des observations sur sa paroisse.




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