Le basculateur Estrade
- crosjacques2
- 5 janv. 2023
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J’ai reçu un courriel de Philippe Barjaud de Capestang qui communique un lien permettant d’accéder aux divers numéros de L’Escopinha. C’était un journal édité par le Foyer rural de la ville de. Il a été publié entre 1986 et 1994. Il existe 32 numéros que l’on peut consulter.
J’ai trouvé un article sur le basculateur Estrade dans celui de janvier 1994. J’avais eu l’occasion de parler de ce dispositif qui est d’une certaine manière l’ancêtre du disjoncteur. J’ai connu ces boîtiers en zinc ou en tôle galvanisée qui étaient placés sur les façades
Ils étaient destinés à limiter la puissance de l’électricité consommée par l’abonné Quand cette puissance, et donc l’intensité, étaient trop élevées, des bobines relevaient un levier qui coupait le courant. Le circuit ouvert le levier retombait et le circuit était à nouveau fermé. Le courant pouvait repasser. Le résultat c’est que les lampes en service clignotaient.
L’article paru dans L’Escopinha indique qu’à Capestang ce dispositif est appelé marmotte. Il a été remplacé en 1958 par des compteurs plus modernes munis d’un disjoncteur qui coupe le courant dès que la puissance consommée dépasse ce qui est autorisé par le contrat. Le document fait état des nombreux boîtiers ainsi récupérés par Yves Morère, alors seul électricien dans le village. Il s’en est servi comme récipients pour contenir de la peinture.
Le contact qui s’établissait et se coupait se faisait par le levier dont nous avons parlé qui plongeait dans du mercure ou s’en relevait. Ah, le document signale qu’il arrivait que le levier ne se rabaisse pas, privant l’appartement d’électricité. Un coup de balai sur le boîtier remettait le levier dans la position basse, ce qui fermait le circuit et rétablissait le passage du courant. Ah, il fallait être modéré avec le coup de balai, on risquait en effet de faire tomber du mercure de la cuve qui le contenait, il fallait alors faire appel au service de dépannage d’EDF afin de remettre du mercure dans la cuve et rétablir le courant.
Il est signalé aussi qu’en serrant un peu les vis de ce levier on pouvait obtenir qu’il ne se relève que pour une intensité supérieure à celle qui était autorisée (0,5 ampère je crois). Et même parait-il d’ingénieux bricoleurs shuntaient le basculateur et disposaient ainsi d’une puissance sans limite ! Et ce, sans supplément à payer. Il faut préciser que le contrat était un forfait et la seule limitation était la puissance autorisée.
Il parait que sur certaines façades on voit encore le support sur lequel était fixé le basculateur Estrade. Estrade ? Joachim de son prénom, était un ingénieur qui a vécu à Caunes-Minervois. Il avait créé plusieurs centrales hydroélectriques dans la haute vallée de l’Aude. Il vendait l’électricité ainsi produite par le biais de la Société Méridionale de Transport de Force (SMTF).




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