La situation au Pérou
- crosjacques2
- 22 déc. 2022
- 2 min de lecture
Pedro Castillo
Elle est complexe. Nous allons essayer de rassembler ici les éléments de ce que nous avons cru comprendre.
Les élections présidentielles de juillet 2021 avait été remportées par Pedro Castillo, candidat de la gauche radicale. Au Pérou il n’y a qu’une chambre parlementaire, le Congrès. Celui-ci est de droite et opposé au président élu.
Les difficultés économiques et sociales ne doivent pas manquer dans ce pays d’Amérique latine. L’héritage d’une gestion partagée par la droite et des juntes militaires doit être lourd. La composition du Congrès ne permet sûrement pas au président élu de réaliser le programme qui est le sien.
Le 7 décembre 2022 il décrète la dissolution du Congrès. L’événement est considéré comme une tentative de Coup d’Etat par les parlementaires qui dans la foulée votent la destitution de Pedro Castillo. Les USA, soucieux on le sait du respect de la démocratie ont désapprouvé la dissolution du Parlement péruvien.
La vice-présidente Dina Boluarte, du même parti que le président destitué, le remplace à la direction du pays. Quant à Pedro Castillo il est incarcéré. Les élections prévues pour 2026 sont avancées à 2024 puis finalement à 2023. Un nouveau gouvernement est mis en place peu après la nomination de la nouvelle présidente.
La révolte gronde dans les rues et des manifestations ont lieu en soutien au président déchu dont la libération est demandée ainsi que des élections sur le champ. Elles sont particulièrement fortes dans le nord du Pérou, à Cusco en particulier où Pedro Castillo est solidement implanté dans l’électorat. Précisons ici que c’est un instituteur rural représentatif des couches les plus modestes.
La réaction du pouvoir ne se fait pas attendre : il décrète l’état d’urgence dans la nuit du 11 au 12 décembre dans plusieurs régions et organise une répression sanglante qui fait de nombreuses victimes. Parallèlement il tente aussi d’obtenir l’arrêt des manifestations auxquelles participent les populations agricoles groupées dans leur syndicat en lâchant du lest sur quelques revendications.
Eh oui, on le voit, la démocratie n’est pas au rendez-vous au Pérou en ce moment !




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