La bergerie de Chanteloup
- crosjacques2
- 25 oct. 2022
- 2 min de lecture
Photo Georges Souche, photographe professionnel basé à Lacoste
Oui, le tènement s’appelle Chanteloup, un nom évocateur, significatif. Naturellement il y a plus d’un siècle qu’il n’y a plus de loups en France, sauf ceux qu’on y a réintroduits il y a quelques années !
Nous sommes encore sur le territoire de la commune de Pont-de-Montvert en Lozère et sur le plateau qui est au-dessus du hameau de L’Hermet. Un plateau qui doit être à 1100 m d’altitude.
La bergerie appartenait à Louis Bonnet et elle est à présent propriété de Rémi Rouméjon, son gendre, ou de Thierry le fils de ce dernier.
Autrefois les agriculteurs du secteur tenaient des troupeaux de moutons. Souvent d’ailleurs ils étaient achetés aux printemps et revendus avant l’hiver. Louis Bonnet lui en gardait un toute l’année, activité qui a dû cessez au début des années 70 quand son fils Roger est rentré comme garde au Parc National des Cévennes.
Il y avait donc des bergeries pour abriter le troupeau aux heures chaudes de la journée. Certaines étaient couvertes de chaume mais la plupart étaient formées d’une voûte couverte de lauzes.
C’était le cas de la bergerie de Chanteloup. Le temps avait quelque peu dégradé la toiture mais, avec l’aide financière du Parc des Cévennes, celle-ci a été refaite.
Les blocs de rocher disséminés dans le paysage sont du granit. A l’arrière-plan dans la brume, on devine, plus qu’on ne voit, le Mont Lozère. Sur la gauche, mieux éclairé, c’est « Lo Ròn de Montal » (Le Rocher de Montal) où il y aurait eu un château féodal.
Sur le plateau de L’Hermet on cultivait du seigle mais il y a de nombreuses années que les champs ont été transformés en pâturages.
Ah, la bergerie a une histoire. Pendant la dernière guerre elle a servi de refuge à des jeunes, la plupart venus d’Alès, qui, refusant de partir en Allemagne où ils avaient été requis pour le Service du Travail Obligatoire, avaient constitué là un maquis. Ils avaient quitté l’Espérou, un village sur l’Aigoual, suite à une attaque de l’armée allemande et étaient restés trois mois à Chanteloup
Si aucun fait d’armes glorieux n’est à mettre à leur actif au moins avaient-ils eu le mérite de se soustraire à la collaboration avec le régime nazi.
La population de L’Hermet a été accueillante et hospitalière avec eux. Certains se sont mariés avec des filles du hameau !
J’ai récupéré la photo sur la Toile et indiqué à son auteur où se trouvait exactement cette bergerie, il ne le savait plus.




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