L’inscription sur la façade de l’église de Cessenon
- crosjacques2
- 12 janv. 2023
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On sait que la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat adoptée par le Parlement le 29 décembre 1905 faisait les communes propriétaires des édifices religieux qui se trouvaient sur leur territoire. C’était une situation héritée de la Révolution française avec l’affaire des Biens nationaux.
L’application de cette loi faisait que les églises et leurs contenus étaient confiés aux associations cultuelles. Cela concernait essentiellement les catholiques qui représentaient alors 95 % de la population. Des inventaires avaient été effectués en 1906 afin de connaître ce qui allait être prêté.
Il y a bien eu quelques incidents lors de l’inventaire à Cessenon mais sans gravité, beaucoup moins en tout cas que ce qu’il a pu y avoir ailleurs. L’Hérault n’a pas connu de situation explosive et même à Capestang dont nous avons parlé précédemment les choses sont rapidement rentrées dans l’ordre.
Les communes ont eu la responsabilité d’entretenir les bâtiments religieux. Finalement on peut considérer que la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat a été bénéfique de ce point de vue pour les catholiques. Toutefois comme c’était la guerre entre la République et l’Eglise de Rome, les municipalités inscrivirent sur la façade des édifices religieux une indication précisant qu’elles étaient propriétaires des lieux.
J’ai connu cette inscription peinte sur un fronton créé à la diable avec du ciment au-dessus de la porte d’entrée. Les édiles n’avaient nullement eu le souci de l’esthétique. Une internaute m’a envoyé deux cartes postales montrant la façade de l’église de Cessenon avec l’inscription en question. L’une a été postée en 1917, l’autre en 1907 m’a-t-il semblé lire.
Le texte écrit est
PROPRIETE COMMUNALE
REPUBLIQUE FRANÇAISE
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE
Le temps l’avait en partie effacé et on m’a raconté l’histoire d’un Cessenonais, radical convaincu, il s’était d’ailleurs présenté aux élections cantonales et s’il n’avait pas obtenu le siège de conseiller général, il y avait gagne le surnom de Daladier. Il avait donc interpellé le maire pour que l’inscription soit refaite. Mais on n’était plus au temps de la querelle mémorable entre les Républicains et le clergé et il avait été invité à se procurer un pot de peinture et à procéder lui-même à la restauration du texte.
Aujourd’hui l’inscription a disparu définitivement, probablement lors de la rénovation de l’édifice qui a eu lieu en 1988. Il a meilleure allure sans son inscription !




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