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Des difficultés avec une cuisinière électrique

  • crosjacques2
  • 15 juin 2023
  • 3 min de lecture

Une amie de Villeurbanne m’a fait part des problèmes rencontrés suite à la décision qui a été prise de remplacer sa cuisinière à gaz par une électrique. Eh oui à partir d’un certain âge, il faut être prudent avec le gaz ! Vous me direz avec l’électricité aussi. Je lui ai raconté ce que j’avais connu chez moi dans mon enfance.

Ma mère faisait sa cuisine sur un feu de bois jusqu'à ce que je rentre à l'Ecole Normale. L'hiver elle allait ramasser des "bûches" dans les vignes. C'est un mot du français méridional qui désigne les sarments. C'est la traduction de l'occitan vise. On en faisait des fagots de deux sortes. Soit formés de poignées, chacune attachée par un des sarments, c'était des gabels. Soit en vrac c'était à bofanelas. Les viticulteurs étaient bien heureux qu'on dégage ainsi leurs vignes. En contrepartie ils transportaient avec leurs charrettes les fagots jusqu'au domicile de la personne (toujours des femmes) qui les avaient faits. On (souvent les enfants) les entreposait en tas qu'on appelait des cabiros au bord de la vigne pour être chargés par le charretier.

Des charretiers il y en avait d’habiles qui ne craignaient pas d’arriver avec leur chargement jusque devant notre maison, située dans le quartier du Barri d’Orb, guère commode d’accès. Et d’autres qui déposaient les fagots en un endroit qui leur était plus facile pour eux. Il fallait alors, avec une carriole, effectuer la dernière phase du transport.

Aujourd’hui on ne voit plus personne « lever des bûches » dans les vignes. Les sarments y sont soit enlevés par le râteau d’un tracteur et brûlés en bordure, soit déchiquetés par une pré-tailleuse ou une tailleuse et abandonnés sur le sol. A temps moderne, moyens modernes !

Il y avait une autre source de combustibles c'étaient les racines des ceps qui étaient récupérées lorsqu'on charruait (le verbe employé était « défoncer ») une vigne pour la replanter. Les femmes suivaient l'énorme tracteur et enlevaient les racines qui apparaissaient dans le sillon profond. C'était un travail qui n'était payé par les propriétaires qu'avec le transport au domicile de la personne qui les avait sorties du sillon. Pierre de Murviel-les-Béziers appelait ces racines "los vira-topis" (les renverse-toupins) ceci à cause de leur forme tortueuse qui faisait que ce n'était pas stable pour le récipient que l’on plaçait là dessus.

Avec le pécule qui m'a été versé au cours de ma première année d'Ecole Normale on a acheté un réchaud à gaz. Il n'y avait pas de four, simplement deux brûleurs.

Il y avait bien un poêle dans la cuisine mais je ne sais pas exactement pour quelles raisons on ne l'utilisait pas. Peut-être le charbon était trop cher ? Peut-être aurait-il fallu couper du bois ce qui aurait pris du temps ?

On n'avait pas d'autre moyen de chauffage que le feu de la cheminée. On y faisait brûler, outre les sarments, des troncs d'arbres récupérés ici ou là, notamment au bord de la « rivière » (qui est un fleuve) et des "souches", encore un mot du français méridional qui désignait des ceps qui provenaient du remplacement de ceux qui étaient morts. Le mot est hérité de la traduction de « soca » qui désigne un pied de vigne. Il y avait aussi les « soquets », bouts de bois que rapportaient los podaires (les tailleurs).

C’était notoirement inefficace, tant pour le travail de la personne chargée de préparer les repas que pour une température agréable à l’intérieur quand il faisait froid dehors. Ah, dans ce cas on mettait dans le lit un fer à repasser que l’on avait préalablement placé devant le feu.

Finalement j’ai déconseillé à mon amie de Villeurbanne d’en revenir à la tradition ancestrale de la cuisson et du chauffage avec le feu de cheminée. J’ai parfaitement conscience de ne pas avoir tenu compte des recommandations de la transition écologique !



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