Elle s’appelle Aïcha
- crosjacques2
- 12 sept. 2022
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 sept. 2022
Mon histoire commence avec la photo d’un plat de haricots qu’un internaute, du nom de Pierre Mansat avait mis en ligne sur son compte Facebook. Je suis, selon l’expression consacrée, « ami » avec lui. Je demande en effet à ce que soient ajoutés ceux qui ont un nombre important d’amis communs. C’est l’indice que nous devons avoir les mêmes affinités idéologiques.
Je ne connais pas davantage ce Pierre Mansat, sinon qu’il avait dû répondre positivement à ma sollicitation. Ce dimanche je vois sur son mur la photo qui illustre mon article. Il est indiqué qu’en Vendée on appelle en patois local les haricots des « mojettes ».
Je connaissais cette appellation, je l’avais apprise au cours d’une rencontre de l’Appel des Cent qui avait eu lieu à Poitiers en avril 2000. L’acception « mojette » n’est pas éloignée de celle qui a cours chez moi er qui est « mongeta » en languedocien central. Je le signale en commentaire sur le post publié sur Facebook. J’ajoute qu’un « mongetat » désigne une variante de cassoulet.
Nous en mangions quelquefois le dimanche chez mes grands-parents paternels. Ma grand-mère ne manquait pas d’y mettre las beatilhas (les abats) d’une volaille servie à part. Je complète mon information en faisant état qu’en Lozère les haricots verts sont désignés par « las favas ». Oui, l’occitan est fait d’un tas de dialectes.
Une internaute a manifesté son intérêt pour le commentaire que j’ai posté et comme elle a un nom maghrébin, elle s’appelle Aicha Bouabaci, je vais voir ce que dit son profil. Et là je découvre qu’elle a des attaches à Saïda, une ville d’Algérie située dans un secteur où j’ai eu l’occasion de contribuer à faire flotter notre drapeau national Je tente de prendre contact avec elle via messenger.
Ma tentative réussit. Comme j’ai laissé mon adresse électronique j’ai un retour d’Aicha. Elle est originaire de Saïda est était élève de première année à l’Ecole Normale d’Oran en 61 – 62. Oui mais la ville, aux mains de l’OAS, étant à feu et à sang, l’établissement avait fermé. Il avait d’ailleurs été occupé par l’armée. Tiens j’ai eu l’occasion de passer devant cette ENF !
Aïcha me raconte que de retour à Saïda elle avait trouvé un emploi au central téléphonique de la Poste et communiqué ainsi avec des appelés du contingent de Méchéria. Elle me demande à quels endroits précis j’ai été cantonné. Je lui ai envoyé le récit de ce que j’ai vécu pendant mes vingt-six mois sur le théâtre des opérations. J’aurai probablement une réponse.




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