Obsèques d’Olga Tarrago
- crosjacques2
- 13 janv. 2023
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Photo prise à Montagnac au début des années 70
Elles ont eu lieu ce vendredi 13 janvier au funérarium de Pézenas. Elles avaient réuni une assistance assez conséquente de ses amis et camarades du PCF et du SNES. Divers témoignages ont marqué cette cérémonie. Parmi eux celui de Jean-Luc Taurines de la section du parti communiste a mis l’accent sur l’engagement politique d’Olga. Le drapeau de son organisation était posé sur le cercueil cependant que Le chiffon rouge accueillait les participants.
Claude Alranq a mis sa compétence d’acteur de théâtre pour exprimer ce qu’il savait de celle qui venait de nous quitter. Deux autres personnes ont évoqué leurs contacts avec la disparue. Voici par ailleurs l’allocution prononcée par le représentant du SNES.
Olga vient de nous quitter. Elle avait eu une fin de vie difficile tant sur le plan physique que psychique. Et pourtant elle n’avait pas renoncé à ce qui avait été la règle tout au long de son existence, un engagement pour le progrès social, pour la démocratie et pour la paix.
Je l’ai connue avant 1968 à Saint-Pons-de-Thomières où elle enseignait au CEG. Je l’ai revue à Pézenas puis à Montagnac où nous exercions dans le même établissement. Elle a ensuite été nommée, en tant que Pegc à Paulhan. A Montagnac nous étions tous les deux logés dans des logements qui étaient libres à l’école de filles. On faisait les réunions du Parti Communiste dont elle était membre dans son appartement.
J’ai le souvenir d’un fac-similé de la une du journal l’Aurore qui était le célèbre « J’accuse ! » de Zola, épinglé sur une cloison de sa salle de séjour. Toute une signification.
Les parents d’Olga étaient des Républicains espagnols réfugiés à Pézenas après la victoire des Franquistes. Elle communiquait en français avec son père et en catalan avec sa mère. Elle avait une sœur Henriette qu’une maladie incurable avait emportée alors qu’elle devait avoir à peine une quarantaine d’années.
J’ai le souvenir d’une conférence – débat sur la situation en Espagne qu’elle avait animée à Pézenas. Ce devait être en 1969.
Olga avait été reçue au concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Institutrices de Montpellier mais comme elle n’avait pas acquis la nationalité française depuis cinq ans, elle n’avait pas été admise. Une disposition législative particulièrement injuste pour son devenir professionnel et social.
Elle était cinéphile et j’avais eu l’occasion de voir avec elle et sa sœur Henriette le film d’Yves Boisset « R.A.S. ». Elle s’était inquiétée de savoir si en tant qu’ancien d’Algérie je le supporterai. Mais oui, ce devait être dans les années 1973 au moment de sa sortie en salle et à cette époque j’avais évacué de ma conscience cette phase absurde de mon existence !
Son état de santé s’était dégradé progressivement et ce d’une manière irréversible. Elle avait pu toutefois participer à quelques randonnées pédestres que j’avais conduites. Mais elle déclinait et je l’ai revue quelques fois lors de réunions du SNES ou de la FGR-FP. La dernière fois c’était en 2009 lors d’une assemblée la section des retraités du SNES de l’Hérault qui se tenait à Lodève. Elle s’était fait emmener en voiture par une camarade de Nébian me semble-t-il.
Elle était de moins en moins audible au téléphone et on voyait bien qu’elle n’était plus ce qu’elle avait été. C’est une fin de vie pour laquelle elle avait tenté de maintenir jusqu’au bout une dimension militante. On ne peut que rendre hommage à sa ténacité.
Olga tu as déjà retrouvé ce qu’on est une heure avant la vie puisque c’est ainsi qu’on est une heure après la mort. La lutte va continuer sans toi amie fidèle. Nous avons à faire, à commencer par l’action contre le projet antisocial de retraite concocté par le pouvoir et sans oublier notre exigence de cessez-le-feu en Ukraine. Repose en paix, nous ferons de notre mieux.




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